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Les villages de Treffort, de Cuisiat et de Pressiat

La Commune et ses villages

Au 1er janvier 2016,  la commune de Treffort-Cuisiat à fusionné avec la commune de  Pressiat. Les villages qui la composent  sont  distants de quelques kilomètres.

 

Treffort, village médiéval

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Les habitants de Treffort s’appellent Ventres jaunes ou Cavets, selon l’endroit exact où ils habitent.

Dans les hameaux et dans le bas du village, on est en Bresse. Le Bressan se nourrissait de « Gaudes », soupe roborative réalisée à base de farine de maïs grillé. On dit aussi qu’il avait l’habitude de cacher son or dans sa ceinture. Ces deux coutumes lui ont valu son surnom de « Ventre jaune ».

Dans le haut du village, on est en Revermont, pays de vignerons. Chacun possédait sous sa maison une cave, souvent taillée dans le rocher. Voici l’origine du nom des Cavets.

Le village de Treffort qui a eu la chance d’être préservé au cours des siècles a gardé son âme.  Cette cité médiévale a gardé son charme d’antan tout en vivant sa modernité : les commerces ont tous été rassemblés en « cœur du village »  !

Quelques repères chronologiques de l’histoire de Treffort :
Si les origines de Treffort restent incertaines, jusqu’au Xe siècle tout au moins, son histoire, depuis la Préhistoire, s’inscrit dans le cadre plus large de celle du Revermont et de la Bresse.
⦁ Le temps des premiers habitants :
⦁ À la fin du Paléolithique, de la dernière glaciation (Würm vers –10 000) apparaissent les premiers hommes dans la région. On trouve trace de ces chasseurs, cueilleurs dans des grottes (la Teyssonière à Ramasse).

⦁ À la fin de la période suivante, le néolithique, où naissent l’agriculture, l’élevage, la poterie puis le travail des métaux, arrivent des vagues d’Indo-européens, celtes dont les Gaulois, agriculteurs, éleveurs et artisans sédentaires qui semblent s’être installés dans la combe de Cusille, près de la source du Caméléon et du lavoir de la Plate actuel. Ils donnent quelques toponymes (ex : Nacaretan, vasbres…) et des restes attestent de leur présence (grotte de la Cabatane, des Fées…), de leur civilisation (bronze, fer, culture de la terre vers ­2 500) (Tombe de Crêtelet, âge du fer au col des Engoulures).

⦁ La période romaine : Les tribus gauloises, c’est bien connu !, ne cessent de se battre entre elles. Et quand les Éduens (Val de Saône) attaquent la Bresse des Séquanes (Est de la forêt bressane), ceux-ci demandent l’aide du chef germain Arioviste. Mais l’occupation et les exactions de ce dernier font que Éduens et Séquanes appellent Jules César à leur secours en -60.

→ Commence alors la si importante domination romaine (Alésia –52 jusqu’au Ve siècle)pour Treffort, le Revermont, la Bresse qui font partie de la Gaule celte (une des trois avec la Gaule belge et la Gaule aquitaine). On en trouve des vestiges (tour, tuiles, citerne rue Ferrachat, toponymes…) et c’est à cette période que l’on doit les débuts de la vigne !! (autre ex : fontaine de Carouge = quadrivium)

⦁ Les Burgondes : l’affaiblissement de l’empire romain, à partir du IIIe siècle, attise les convoitises de ceux, venus de l’Est et du Nord, que l’on nomme « Barbares ». Parmi ceux qui attaquent le monde romanisé, les Burgondes, Goths christianisés (Ariens), grands, à l’origine du mot Bourgogne, constituent l’une des principales souches du peuplement revermontois (tombes ex Crêtelet). Parmi les preuves de leur installation, citons des noms de villages, de lieux (Arnans, Journans, Berthian), de familles, la morphologie de certains habitants(!)… Mais Treffort ne porte pas ce nom dans la charte du roi Gondicaire de 410.


 

⦁ Au Moyen Âge, le bourg connaît une période confuse, troublée, mal connue jusqu’au IXe siècle où l’on peut noter, en simplifiant :
⦁ L’arrivée des Francs qui n’occupèrent pas réellement la région mais lui donnèrent la religion chrétienne du « fier Sicambre sacré à Reims » ! (Clovis). De cette période de luttes entre les successeurs de Clovis (Mérovingiens), date probablement la fondation d’un petit prieuré (monestarium) relevant de l’abbaye de Nantua, situé au hameau de Montenay, avec une petite église « hors les murs », dédiée à St Pierre.
⦁ La période carolingienne qui s’ouvre avec Charlemagne (roi des Franc en 768, couronné empereur à Noël 800), restaurateur de l’Empire d’Occident (de l’Ebre à l’Elbe) est un peu mieux connue. Le « partage de Verdun » entre ses trois petits-fils (Lothaire, Louis le Germanique, Charles le Chauve) place Treffort et le Revermont en Lotharingie (de la Frise à l’Italie). A la mort de Lothaire, notre région, intégrée un temps au royaume de Charles le Chauve par le traité de Meersen en 870 (Francia Occidentalis), fait partie, le plus souvent, du royaume de Bourgogne-Provence, à la géométrie et au pouvoir variables, confié au comte Bozon puis intégré au royaume de Bourgogne (Rodolphe 876) jusqu’en 1072.

→ De cette longue période (IXe-XIIIe), aux querelles dynastiques et héritages nombreux, il convient de relever :
⦁ la tutelle sans cesse grandissante du Saint Empire Romain Germanique, créé par Otton 1er en 962, après sa victoire contre les Hongrois, au détriment des pouvoirs locaux affaiblis par les luttes ;
⦁ la mise en place du système féodal qui doit restaurer la sécurité face aux périls (ex : invasion arabe 731) avec l’émergence de la Manche de Coligny (d’Orgelet à Serrières de Briord) née de la fragmentation du Comté de Bourgogne ;
⦁ la première mention de Trefortium dans un texte de 974 ; la première maison forte (IXe Manasses III) puis du château (1220)
⦁ la montée en puissance de la Savoie après une courte domination dauphinoise (charte de franchise 1259).


 

⦁ La domination savoyarde : « l’inexorable hégémonie savoyarde » ! :
Au cours de la guerre delphino-savoyarde, dite  » Guerre de Septante Ans » (1282-1355), après un bref retour au Comté de Bourgogne (1283 le duc de Bourgogne ravage Treffort et le Revermont), la région et le bourg passent pour 3 siècles, sous la tutelle savoyarde le 15 octobre 1289 (présente en Bresse depuis le mariage du comte de Savoie Amédée V et de Sybille de Bagé en 1272) après achat à la Maison de Bourgogne.
Malgré une période sombre (le Temps de Calamités au XIV-XVe siècle ; Guerre de Cent Ans 1337-1453 ; la Peste 1348 détruit la moitié de la population de Treffort ; ravage par les troupes de Louis XI en 1468-1478 ; mauvaises récoltes…), Treffort connaît un essor qui lui donne son visage actuel : le bourg est fortifié, le château agrandi, les halles et l’hôpital construits… En 1329, la châtellenie de Treffort est l’une des 10 du bailliage de Bresse qui dépend du Comté de Savoie qui en compte 80 et 8 bailliages en 1343.
⦁ Les rattachements à la France : car il y en a eu deux, en 1535 et 1601 !
⦁ Le Comté de Savoie, devenu Duché par la grâce de l’Empereur Sigismond 1er en 1416, est donc une terre d’Empire qui contrôle un vaste domaine de part et d’autre des Alpes et du Jura.
⦁ Dans le cadre de sa guerre contre l’empereur Charles Quint -la Savoie est son alliée!- François 1er, dans son désir de conquérir l’Italie, autre terre d’empire, attaque la Savoie ; envahit la Bresse ; prend Treffort. Il y instaure la francisation des actes officiels (registres paroissiaux. Ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539). La Paix de Cateau-Cambrésis en 1559 restitue les territoires pris à la Savoie d’Emmanuel-Philibert dit « Tête de Fer » (cf. son blason à l’église).
⦁ Le second rattachement : pour avoir occupé le Marquisat de Saluces, français, en 1588, le Duc de Savoie est attaqué et battu par les troupes d’Henri IV, avec, à leur tête, le sinistre Biron. Au Traité de Lyon en 1601, Bresse, Bugey, Pays de Gex sont donnés à la France en échange du Marquisat de Saluces.

→ Treffort et le Revermont sont français depuis alors que, jusque-là, ils dépendaient de l’Empire !


 

⦁ Treffort français : son histoire s’inscrit dans celle du territoire national et connaît :
Encore les affres de la guerre
– guerre de Trente Ans (1618-1648) qui oppose l’Empire des Habsbourg, l’Espagne, l’Église catholique aux États allemands protestants, les Provinces Unies, les Scandinaves, la France. Elle s’achève par la Paix de Westphalie (la France gagne l’Alsace sauf Strasbourg, les Trois Évêchés de Metz, Toul et Verdun). Treffort est brûlé en 1640 par César du Saix, baron d’Arnans car Treffort est frontière avec la Franche-Comté, terre des Habsbourg d’Espagne.
– guerre de Hollande qui oppose la Hollande, l’Espagne, l’Empire, à la France et se termine par la Paix de Nimègue en 1678. La Franche Comté devient française et Treffort n’est plus frontière ! Commence alors une période de croissance démographique et de prospérité économique.

La Révolution : Albitte (le  Robespierre savoyard  représentant en mission) sévit : la cloche est fondue à Pont-de-Vaux ; le clocher est détruit

Napoléon : 1802 : décision municipale de détruire remparts et portes ;
1810 : achat des stalles de Sélignat pour le chœur de l’église ;
1814 : une armée autrichienne poursuit celle de Napoléon dans la région depuis Genève ;

Le village de Cuisiat

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Le village de Cuisiat (340 m d’altitude) est situé au pied du Revermont, à 20 km au nord-est de Bourg-en-Bresse.

Histoire et administration

L’intendant Bouchu, dans sa  » Déclaration des biens de Communautés  » vers 1665-1670 dit ceci à propos de Cuisiat :  » Le nom de la paroisse est Cuizia. Il y a trois fiefs ; la Motte, Montfort et Grand Mont. Il n’y qu’un hameau : Rozy. Relève du seigneur Perrachon de Saint Maurix, marquis de Treffort, François de Mairia est baron de Rozy. Louis de Lucinge est seigneur de la Motte. Il y a 80 habitants réputés pauvres. Située au pied de la montagne qui sépare la Bresse du Comté de Bourgogne. Il n’y a aucun commerce ni ne peut s’y en établir. Il n’y a ni rivière, ni pont, ni passage. Il y a forêts et plaine. On y sème froment et seigle et un peu d’avoine. Il y a environ le quart de vigne. Il y a plus de 100 chars de foin………  »

Si le village était effectivement pauvre et peu peuplé vers les années 1670, il a beaucoup évolué au cours des siècles suivants. En 1802, Cuisiat comptait 860 habitants. Sa population, essentiellement agricole a elle aussi évolué puisqu’à ce jour il n’y a que quatre exploitations agricoles.

En 1873, le phylloxéra fut signalé pour la première fois à Cuisiat. Ce fléau annonçait la fin de la vigne dans le Revermont et l’implantation des premières fruitières, nom local donné aux fromageries.

Comme beaucoup de villages du Revermont, Cuisiat fut incendié en partie par les Allemands le 17 juillet 1944. Reconstruit depuis, ancien et nouveau village forment un ensemble harmonieux.

En 1972, Cuisiat et Treffort ont fusionné pour devenir Treffort-Cuisiat.  Cette commune s’est agrandie le 1er janvier 2016 avec la fusion à Pressiat. Le village de  Cuisiat comptait en 2014, 565 habitants.

Loisirs

Plan d’eau et camping de la Grange du Pin
Randonnées pédestres : plusieurs circuits partent de la place de Cuisiat.
Le Musée du Revermont installé dans les bâtiments complètement rénovés de l’ancienne mairie-école de Cuisiat. Ce musée retrace la vie des gens du Revermont du XVIIIè siècle à nos jours. Un jardin conservatoire attenant présente aux visiteurs un peu plus de 600 espèces et variétés de plantes domestiques.


Pressiat

Pressiat le village

 

 

Le village est dominé par un paysage de petite montagne où domine le mont Myon (site classé) à 662 mètres. Depuis plusieurs années, outre les chemins de randonnée qui y aboutissent, il est devenu un lieu prisé de parapente.

Trois évènements ont marqué l’histoire du village :

  • En 1370, Hugues d’Andelot fait construire un nouveau château dans cette région ruinée par des guerres endémiques qui ont sévi ici aux XIIIe siècle et XIVe siècle. Le bourg édifié autour du château prit le nom de Pressiat. De l’ancien château démantelé à la Révolution, il ne reste actuellement guère qu’une tour accolée à une maison ;
  • En 1810, les habitants se révoltent contre la volonté des autorités de rattacher Pressiat à la paroisse voisine de Courmangoux.
  • En 1944, le village fut en partie détruit, incendié par les troupes allemandes avec des auxiliaires de légion de l’Est (osttruppen) pendant leur repli le 18 juillet 1944, pour la punir de ses actes de résistance. Il est vrai que les deux communes de Pressiat et de Courmangoux (incendie des bourgs voisins de Roissiat et de Chevignat) furent très actives en matière de résistance. Pour cette raison, la commune de Pressiat a reçu la croix de guerre avec citation à l’ordre de la Nation.